Gaudi l’architecte de la nature


T R I P / vendredi, novembre 23rd, 2018

Barcelone Partie 1 : Gaudi l’architecte de la nature.

Notre virée à Barcelone le week-end dernier m’a permis de découvrir l’œuvre de Gaudi. Impressionnante, exubérante, frappante, il m’a fallu plusieurs jours pour en formuler mes impressions. D’abord totalement déroutante, son oeuvre se révèle finalement fascinante et passionnante. Avant de faire un compte-rendu de nos 2 jours de visite à Barcelone, je me devais en priorité de livrer ici mes sensations sur Gaudi !

La Sagrada Familia, la nature sculptée 

Tout d’abord, la Sagrada Familia… Monumentale, presque pompeuse, elle s’impose à votre regard sans crier gare. L’urbanisation environnante est telle qu’elle ne permet pas d’avoir le recul nécessaire pour l’admirer de loin…. Du moins, de là où nous sommes arrivés ! Notre ami Julien, qui nous héberge, nous a expliqué que le projet de Gaudi incluait des jardins qui empiètent aujourd’hui sur des immeubles existants. A l’époque, leurs promoteurs immobiliers auraient signé une clause prévoyant à terme la démolition des immeubles pour achever la Sagrada Familia.

Pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, la construction de la basilique était jusqu’au mois dernier …. illégale ! En effet, le permis de construire n’a été délivré par la ville de Barcelone qu’en octobre 2018… pour un chantier démarré il y a 136 ans ! Et les extravagances de la Sagrada ne s’arrêtent pas là. 

Gaudi, un pionnier du biomimétisme

Si l’on se concentre sur les parties construites par Gaudi, les références à la nature sont frappantes. Sur la façade de la Nativité, le minéral se fait végétal. En véritable allégorie de la nature, l’intérieur de la basilique se présente comme une forêt. Les piliers arborescents soutiennent le plafond, ou plutôt la canopée. Et les vitraux sont la clairière qui décompose la lumière en arc-en-ciel. On pourrait se croire sur la planète Pandora, imaginée par James Cameron dans son film Avatar…

L’architecte artiste respectait les lois de la nature et pensait que rien ne pouvait la dépasser. Ainsi la tour la plus haute des 18 tours imaginées devait atteindre 170 mètres. Soit 1 mètre de moins que le mont Montjuic, le point le plus haut de Barcelone. 

Gaudi tirait ainsi de la nature toute sa créativité. Et la créativité devait selon lui s’appliquer à tous les éléments architecturaux. Ainsi, la nature inspirait les structures, les formes, les fonctionnalités du bâtiments, mais aussi les matériaux … 

En découvrant la Maison Batllo sur le Passeig de Gracia, j’ai été frappée par l’absence d’angles droits, en opposition aux bâtiments voisins. Toute en courbes exubérantes, la maison arbore des balcons en forme de crânes. Les colonnes sont formées par des squelettes, et le toit est recouvert d’écailles de dragon. Véritable délire artistique, la nature sert encore une fois de muse à Gaudi.

Gaudi aurait dit :

« L’architecture du futur construira en imitant la nature parce que c’est la plus rationnelle, durable et économique des méthodes ». 

Gaudi parlait déjà de « biomimétisme » ! C’est un processus d’innovation et d’ingénierie qui imite le vivant. Aujourd’hui émergent des technologies innovantes directement inspirées de la nature, ses formes, et ses caractéristiques. Respectueuses de l’environnement, répondant aux principes du développement durable, elles paraissent révolutionnaires. Gaudi l’architecte de la nature était donc un pionnier !

Gaudi, un pionnier de l’intelligence collective 

Antoni Gaudi savait que la basilique ne pourrait être terminée de son vivant. Alors il a établi de nombreux plans afin que ses successeurs puissent accomplir le travail après sa mort. Un véritable exemple de co-créativité et de co-conception !  

Malheureusement, la guerre civile est passée par là et tous ses dessins ont été détruits… Mais les différents architectes qui ont repris la construction ont pu s’inspirer de dessins épargnés pour terminer l’œuvre. Là résident polémiques et critiques : certains estiment l’esprit de Gaudi trahi. La première façade (Nativité) fourmille de détails et s’inspire directement de la nature généreuse et joyeuse. Tandis que la façade de la Passion, construite entre 1954 et 2012, est toute en géométrie et sombres figures carrées. Ce n’est plus Avatar qui vient à l’esprit, mais la Guerre des Étoiles et Dark Vador ! 

 

Cependant, parler de trahison de l’esprit de Gaudi est exagéré selon moi. Certes la nature n’inspire plus les architectes qui ont pris la relève. Mais Gaudi avait bien prévu que la Sagrada Familia le transcenderait. Il avait planifié que la construction du temple expiatoire évoluerait au fil des décennies. Tout comme il existe de nombreuses églises au style roman et gothique car construites au fil des siècles.

L’œuvre de Gaudi s’inscrit dans le Modernisme catalan. Oui, Gaudi était résolument Moderniste en s’inspirant ainsi de la nature !

Informations pratiques

  • La Sagrada Familia, Carrer de Mallorca, 401. Anticiper en achetant des billets en ligne pour éviter les files d’attente ! Plusieurs formules de visite existent.
  • La Casa Batllo, au n°43 du Passeig de Gracia. Au n°92, on peut admirer aussi la Casa Mila.

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